LA LETTRE DE L’ENGAGÉ(E) - CLIMAT ET POUVOIR D’ACHAT : LE CASSE-TÊTE DE JOE BIDEN - Blog de Laure Pallez

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24 octobre

LA LETTRE DE L’ENGAGÉ(E) - CLIMAT ET POUVOIR D’ACHAT : LE CASSE-TÊTE DE JOE BIDEN

Après un récent périple dans trois Etats américains (Maryland, Minnesota et Floride), je constate une pénurie de certains biens de base dans les supermarchés et une augmentation très nette du prix de l’essence. Je tente aussi de comprendre comment survivent les millions de personnes qui ont quitté leur emploi ces derniers mois et je découvre que beaucoup se reposent sur leurs économies et sur les allocations sociales, des situations souvent précaires. La société américaine est aussi en train de traverser une période de transformation profonde de sa relation au travail, comme le montrent les débuts de grèves actuels.

Mais revenons sur les perturbations dans la chaine d’approvisionnement et la hausse des prix, qui font la Une de l’actualité aux États-Unis. Sur 12 mois, l’inflation a atteint 5.4% aux Etats-Unis, le prix de l’énergie a augmenté de 25% et celui de l’alimentation de 4.5%. La situation représente un défi politique majeur pour Joe Biden, déjà malmené par les sondages : « un hiver de factures monstres de chauffage arrive. Êtes-vous prêts ? » interroge ainsi le Wall Street Journal.

Cette situation nous concerne aussi, nous Français. Les mesures pour limiter les pénuries d’essence et de gaz naturel pourraient inclure le recours au stock de réserves stratégiques ou bien à la réduction des exportations, option qui pourrait avoir des répercussions sur nous Européens.

La crise énergétique mondiale continue de faire couler beaucoup d’encre aux Etats-Unis, en particulier quant au rôle de la Russie et aux tensions avec l’UE et les États-Unis. Les énergies fossiles resteront-elles l’atout stratégique de la Russie sur l’Union européenne pour les vingt prochaines années et ce, malgré l’investissement européen dans le renouvelable ?

Le débat intérieur américain est ravivé par ces questions, s’il en était besoin.

À moins de deux semaines de la COP26, l’administration Biden prévoit un vaste plan de fermes éoliennes sur la côte Est des États-Unis, dans le Golfe de Mexico et sur une partie de la côte Ouest d’ici 2025. Les médias américains conservateurs dénoncent pour leur part les politiques climatiques du président et fustigent Joe Biden pour la hausse des prix de l’essence, qu’ils attribuent à sa « capitulation » face aux « extrémistes du climat ». Les ambitions climatiques sont-elles trop onéreuses pour les électeurs ?

Tout cela résonne en France, où l’énergie carbonée (gaz et dans une moindre mesure pétrole) voit son prix augmenter par rapport à l’électricité d’origine nucléaire, hydraulique, solaire et éolienne. Le prix des différentes énergies augmente par rapport à d’autres biens et services. Le spectre de l’inflation est là, qui fait peur malgré les aspects positifs avancés par certains.

Quant aux banques centrales, elles s’interrogent sur le caractère durable ou passager de cette poussée inflationniste…

La vigilance la plus grande est de mise. Les « décideurs » devront peut-être bientôt prendre des décisions.

Laure Pallez

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